Fabrice Bruchez

Je suis né le 6 février 1977 à l’hôpital de Martigny et c’est là que je suis rentré dans la vie avec ma toute première claque. Mes parents on eu la charmante idée de m’appeler Fabrice. Heureusement que j’étais un garçon sinon je me serais appelé Géraldine, bien que je n’ai rien contre les Géraldine.

J’ai suivi ma scolarité obligatoire niveau primaire à Fully et secondaire au cycle de Martigny. Croyant avoir enfin fini le temps des études, j’ai crié haut et fort « liberté » … mais je me suis bien trompé, j’allais plutôt rentrer dans la cour des grands. Après un apprentissage de 6 ans dans le métier de la mécanique, j’ai réussi mes études à la raclette, quoi de plus normal pour un valaisan. Ma formation de mécanicien auto/moto en poche je suis parti dans une autre formation obligatoire, l’armée. Ce fut les 4 mois les plus longs de toute ma vie, bon c’est vrai je l’ai aussi cherché. Pourquoi avoir été volontaire en tant que grenadier de montagne à Isone? L’ignorance sans doute… et aussi l’envie de me prouver que j’en étais capable. On dit que l’armée forme « des hommes », moi elle m’a plutôt déformé les pieds, le foie et le cerveau… enfin bref. De retour à la vie normale, j’ai travaillé dans deux usines comme mécanicien de maintenance et c’est pendant cette période que j’ai commencé à faire du théâtre en amateur, j’avais 21 ans. Le doigt pris dans l’engrenage, j’ai enchaîné pièce après pièce jusqu’au jour où j’ai rencontré une pianiste. J’en étais tellement amoureux que je l’ai suivi jusqu'à Montréal où elle était partie pour 3 ans d’étude. Après ces 3 années à tricoter des pulls en poil de caribou, j’ai décidé de rentrer en Suisse où un poste de mécanicien m’attendait. Bien sûr je suis rentré seul, elle ayant choisi de poursuivre sa vie là-bas.

Plusieurs questions me titillaient l’esprit, que faire de ma vie, pourquoi suis-je là, où disparaissaient toutes ces chaussettes dans le lave-linge ?

C’est alors que j’ai pris le taureau par les cornes, ceci est une métaphore, c’est super dangereux un taureau, je suis téméraire mais pas idiot. J’ai décidé d’abandonner, encore une fois, mon travail pour être maître du monde, enfin maître de MON monde ; le théâtre. Bien entendu j’ai pris cette décision après mûres réflexions et non à la légère, car j’allais vivre de ma passion, c'est-à-dire prendre ma retraite à 34 ans. Je me suis donné 2 ans pour tâter le terrain et être sûr qu’en Suisse il était possible de vivre d’un métier artistique. Pour réussir on dit qu’il faut coucher… j’aimerais bien… mais personne ne se presse au portillon.

Alors il a fallut que je me diversifie dans la branche, donc je me suis mis, non seulement
à jouer, mais à construire des décors (merci mon métier manuel, ça m’a au moins servi à quelque chose), à toucherà la lumière, à faire de la mise en scène, à donner des cours de théâtre et même à l’écriture de sketchs et de pièces. Je suis aussi engagé à l’académie de police de Savatan, pour la formation des aspirants en jouant des scénari de cas réels et à Domus, une institution de personnes atteintes de troubles psychiques, en tant que professeur pour leur atelier théâtral.

Donc, après avoir atteint mon objectif, mon bilan est plus que positif et je me vois mal faire autre chose que de vivre de cet amour qu’est devenu le théâtre. Ce qu’il me plait dans ce métier c’est la diversité du travail et les rencontres enrichissantes que l’on peut faire. Je sais que seul l’avenir me permettra de savoir si j’ai pris la bonne décision mais pour le moment mon chemin est bien tracé et je n’ai aucune envie d’aller voir si "le pré de mon voisin est plus vert que le mien."